 |
La Philosophie du parc de Thoiry |
 |
Après qu'il eut pris le risque d'engager une partie de la fortune familiale dans son projet, le Vicomte de La Panouse dut faire face à l'hostilité farouche de nombreux zoologistes qui jugèrent l'entreprise insensée. Ouvert au public en 1968, le parc animalier de Thoiry révélait une ambition démesurée en s'adossant sur un principe révolutionnaire. En effet, ce sont les visiteurs, enfermés dans leur voiture, vitres closes, qui circulent au milieu des animaux en liberté. L'homme civilisé est en "cage", prisonnier de son amas de ferraille, tandis que les animaux sauvages semblent promener leur nonchalance librement. C'est le principe même du zoo qui fut réinventé et qui depuis a fait de nombreux petits... dont les parcs de Sigean (Aude) et Peaugres (Ardèche) créés par le Vicomte lui-même et bientôt les jardins et le bestiaire médiéval du Château du Colombier dans l'Aveyron prés de Rodez.
En ambitionnant de créer l'arche de Noé du XXe siècle, les initiateurs du parc animalier semblent vouloir rappeler que l'homme, déchu du paradis terrestre, a entraîné les animaux dans sa chute et que cette responsabilité lui impose des devoirs envers ces créatures innocentes, prisonnières de l'instant. Ainsi, Thoiry a été conçu pour sceller une nouvelle alliance entre les hommes et les animaux, célébrer les vertus écologiques et créer une image vivante du paradis terrestre pour les animaux, ces frères d'infortune qui partagent l'humaine condition. D'ailleurs, chaque fois qu'on regarde un animal, on a le sentiment qu'un homme y est caché et qu'il se paie notre tête.
|
|